Personne n'est dépourvu d'intérêt,Chaque destin est tel la chronique des planètes.
En eux, rien de vraiment particulier,
mais toute planète diffère d'autre planète.
Et si quelqu'un vivait dans l'obscurité,
et dans cette obscurité se faisait des amis,
eh bien, cette obscurité avait son intérêt!
Et chacun a son monde bien à lui
et dans ce monde la merveille d'une minute
et dans ce monde le tragique d'une minute,
ce sont ses biens à lui.
Dans chaque personne qui meurt
meurt aussi sa première neige, son baiser, son combat.
Cela s'en va avec elle.
Il reste des livres et des ponts
des tableaux et des machines.
Dont c'est le destin de survivre.
Mais ce qui s'en va n'est pas non plus sans valeur :
C'est la règle du jeu, quelque chose est parti.
Ce ne sont pas seulement les gens qui meurent, des mondes meurent en eux.
Ces créatures terrestres, que nous savons imparfaites,
Que savions-nous vraiment d'elles?
Frère d'un frère? Ami d'un ami?
Amant d'un amant?
Nous qui connaissions nos pères
En toute chose, en rien.
Ils périssent. On ne peut les faire revenir.
Les mondes secrets ne se régénèrent pas.
Et chaque fois encore et encore
Je pleure contre la destruction.
Evgueni Evtouchenko - Les Gens
Photos : Vêtements reprisés japonais
Ces tissus là me touchent,
Bien plus que ceux finement brodés d'or et de soie.
Ravauder, rapiècer, repriser,
Quel sens donner à ces travaux dans un temps qui ne connait que le mot jeter.
Un temps qui n'a plus le temps,
Le temps de rien,
sauf de n'avoir pas le temps.
Pour ne pas goûter la sapidité ultime la vie,
en chaque instant.
S'étourdir, s'abasourdir, par crainte de mourir.
A fuir la mort, on gagne juste de ne pas vivre.
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Où comment les arracheurs de plancher, les bien-pensants, les honnêtes marchands de
sommeil, les brocanteurs de rêves, les esthètes de la souffrance, peuvent piller, ravager, et profaner, sans l'ombre d'un doute, la vie d'autrui.