Saison des vides-greniers

Trier,
Désencombrer,
Vider,
Distribuer,
Partager,
Ne plus rien tenir,
Arriver au vide,
Celui qui est plein
L'Essentiel
A L'EST DU SOLEIL ET A L'OUEST DE LA LUNE
Voyages de vie
Saison des vides-greniers

Trier,
Désencombrer,
Vider,
Distribuer,
Partager,
Ne plus rien tenir,
Arriver au vide,
Celui qui est plein
L'Essentiel
Ô rien ne peut séparer la sirène de l’hippocampe !
Rien ne peut défaire cette union
Rien
C’est la nuit
Tout dort ou fait semblant de dormir
Dormons, dormons,
Ou faisons semblant de dormir.
Ne manie pas ce livre à la légère
À la légère à la légère à la légère à la légère.
Je sais ce qu’il veut dire mieux que personne.
Je sais où je vais,
Ce ne sera pas toujours gai.
Mais l’amour et moi
L’aurons voulu ainsi.
R. DESNOS - Siramour
Jamais, au grand jamais,
Pour ma part
Je n'ai manié ce livre à la légère.
O Maître des Oracles,
Arpenteur des jardins que tu avais
Ce ne fut pas toujours gai.
L'amour et toi
L'avez voulu ainsi.
Amant des lionnes rousses aux aguets,
La graine a germé, j'en ai connu les fleurs,
Frère parallèle, par toi j'ai connu la voie
celle d'aujourd'hui et d'autrefois
Que rien par ce cercle qui les isole
Ne sépare la sirène de l'hippocampe
L'hippocampe de la sirène
Il n'est chanson plus belle,
Que celle que tu donnas à la Voie Lactée.
Qu'il me soit donné de la chanter,
Jusqu'à la nuit où tout dort
Ou fait semblant de dormir
Tableaux : Leonor Fini
Et que tout autour paradent la bêtise et la haine de la vie :
Une petite dose de Paul Klee me semble appropriée.
Chemin principal et chemins secondaires
Ad Marginem
Et même, je n'hésite pas à forcer la dose :
Non, je le proclame haut et fort,
je le répète et le crie,
Le monde n'est pas gris !
Le monde est bleu :
Bleu de chauffe
Bleu de charette
Bleu de Kandisky,
Bleu de Monet,
Bleu de Matisse
Le monde est bleu
Bleu de rêves,
Bleu d'espoirs,
Bleu du ciel,
Bleu den os chants
Bleu de nos vies
Bleu des coups de nos vies,
Et même bleu de nos morts
Sans oublier celui-là - Quand même !
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Voyelles - A. Rimbaud
Et vous, ?
De quelle couleur est votre monde
Celui qui regarde à l'extérieur rêve,
celui qui regarde à l'intérieur s'éveille
Carl Gustav Jung